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Devenir maman solo…, un parcours atypique.

Patience/Anticipation

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Novembre est arrivé avec l’heure d’hiver, les journées plus courtes, les humeurs maussades… Les miennes et celles de mon entourage. L’ambiance au travail reste tendue mais j’ai le soutien de quelques collègues et amis, c’est toujours utile pour se rappeler que tout n’est pas noir.

Au niveau des essais iad, je n’ai plus avancé d’un pouce, soit je risque des triplés (sous clomid, même avec la moitié de la dose standard…), soit je n’ai pas d’ovulation. Les deux cas de figure se sont présentés deux fois depuis l’été… Bref la prochaine tentative réelle (la seconde en réalité) sera peut-être pour décembre si mes ovaires ne produisent pas trop d’ovocytes en un seul cycle… Bref impossible à prévoir.

Tout ce que je sais, c’est que si on tente l’iad  en décembre, j’aurais une réponse, positive ou négative pendant les fêtes de fin d’année… J’ai envie d’y croire et, en même temps je n’ai pas le courage de prévoir quoi que ce soit réellement à l’avance, je sais que si on fait l’essai le cycle prochain et, que c’est négatif, je ne serais pas d’humeur joyeuse ou à faire la fête. Dans ces moments là je m’enferme dans ma bulle et je reste au calme le plus possible. Je me demande si jamais c’était positif quelle serait ma réaction; je crois finalement qu’elle serait la même que pour un négatif, rester dans ma bulle, digérer la nouvelle, me rendre compte que quelque chose changerait en ce moment même en moi et peut-être pour toujours… Seul le temps me le dira et, pour moi qui aime avoir le contrôle de ma vie, c’est ce genre de nouvelle positive ou négative qui peut influencer sur mes projets des jours suivants. En pleine période où tout le monde vous demande : « t’as prévu quelque chose pour les réveillons de Noel et Nouvel An? »: j’ai envie de répondre « oui » aux invitations qui se présentent  (pour Noel c’est le cas , traditionnellement avec ma famille de cœur) mais, quelque chose me retient encore pour Nouvel An. Le calendrier m’annonce une fin de cycle à ce moment là, cette semaine là, en général, je ne me trompe pas…

Si  jamais, par bonheur, je peux enfin tenter une nouvelle iad le mois prochain, la réponse tombera entre Noel et Nouvel-An. Une année fin d’année qui se clôturera sur un nouvel échec ou au contraire sur un nouveau départ… A J-40 j’angoisse déjà… Finalement il est bien probable que pour éviter ce flux d’émotion positives ou négatives qui ne manquera pas de se pointer à ce moment là, que je décide finalement de passer la Saint-Sylvestre ailleurs…, où personne ne sera là pour me poser des questions auxquelles je ne serais pas prête à répondre tant que je n’aurais pas digéré la nouvelle du résultat… En bien ou en mal, un peu de recul me semblera nécessaire au moment précis… La campagne, la mer, un endroit calme et en retrait, ce sera probablement là que je vais réserver une place pour passer le cap de 2017…

Patience, anticipation… deux opposés qui mènent parfois au même point…

 

En attendant novembre…

Dans le dernier article je mentionnais que mes ovulations avec stimulation ovarienne étaient trop risquées pour des grossesses multiples…  Je peux affirmer aujourd’hui que sans stimulation ovarienne c’est le néant… Bref on oublie ce cycle ci et au prochain on re-stimule mais avec la moitié du dosage habituel.

Mon gygy en plus de se déplacer le dimanche a le don de rester positif.  Essayons de suivre son exemple…

En attendant novembre d’autres défis d’ordre professionnel m’attendent et le retour avec une hiérarchie qui harcèle ses agents et une ambiance délétère risque d’être assez électrique ⚡…

Retour au sport dès que possible ça ne saurait être que bénéfique pour mon moral et pour la peau de certaines personnes au boulot que je finirais un jour par étriper.

D’ici là… Suite au prochain épisode et profitez de l’automne.

 

Début d’automne mitigé.

Voici un gros mois d’ici, je pensais faire une tentative en C2. La nature en a décidé autrement.  Ou je n’ovule pas, ou je risque…  des triplés. Bon c’était comme au loto  zéro; zéro,  un, deux ou trois follicules qui auraient pû être fécondés… Trop de risques selon le Gynéco,  on passe son tour ce mois ci.

La fin du cycle arrive et une douleur au bas ventre m’oblige à consulter: les médecins urgentistes pensent détecter un kyste à l’ovaire droit…  Rendez-vous pris au débit du nouveau cycle (c3) et mon gygy me dit qu’il ne voit rien d’anormal…  Le rendez-vous est pris pour J12 une échographie de contrôle et un dosage hormonal sont prévus.

Cependant je tombe malade début octobre et depuis, je suis toujours sous antibiotiques.  Est ce réellement une bonne idée de tenter quelque chose en ce troisième cycle. Une amie de galère me met le doute…  Finalement je vais laisser décider le gygy. Après tout,  je dois de toute manière contrôler l’évolution de l’ovaire (kyste présent ou non) et pour que mon dossier suive à Bruxelles une prise de sang et l’échographie sont nécessaires.  Bref quoi qu’il se dira au prochain rendez-vous,  je ne me fais pas d’illusions ni de faux espoirs.  Ce sont les médecins qui décideront ils sont les plus aptes à me conseiller pour tout ça…

Je suis un peu moralement dans le creux de la vague.  La santé n’est pas au top et l’ambiance au travail se dégrade de plus en plus. Ce qui était des pressions devient du harcèlement moral au point où une procédure de plainte se profile.  La reprise la semaine prochaine (et les suivantes) ne sera probablement pas de tout repos moralement.

Dois-je encore attendre que « ça aille mieux »,  je sais que ça ne changera pas ou peu avant le départ à la pension de la personne qui me harcèle au travail. Et en même temps j ai décidé de ne pas la laisser gagner.  Envisager une grossesse dans un stress au boulot n’est pas le plus réjouissant. En solo encore moins. Mais si j arrête de vivre c’est elle qui gagnera et on a assez de protections légales pour les femmes enceintes pour m’aider à ne pas sombrer malgré les hormones et le climat pas toujours simple du monde du travail.

Personnellement je me sens prête à accueillir ce petit être que j espère depuis tant d’années. Le monde d’aujourd’hui n’est pas simple et on a tous nos problèmes.  Y a t’il réellement un moment propice ? J en doute…

On est à l’abri de rien… Alors plutôt que de prendre notre mal en patience peut-être dois-je prendre mon bien en urgence et penser à l’avenir sans me préoccuper des être malsains, jaloux ou hypocrites qui m’entourent et dont je ne peux malheureusement pas me débarrasser d’un claquement de doigts…

Mes amis sont derrière moi, je ne suis pas seule et j ai déjà affronté d’autres soucis que cette femme qui veut me pourrir la vie.  Ce sera difficile mais elle ne gagnera pas et je n’ai plus l’intention de lui laisser me dicter ma vie par des intimidations…

Maintenant je m’en laisse aux médecins, ce sont eux qui me guideront.  L’envie et la volonté feront le reste…

Suite dans quelques jours…

Nouveau cycle…

Nous y voici: C2. Après un mois de pause qui n’a pas été pour autant de tout repos, je recommence les essais bébé via iad.

Je me surprends à calculer le « jour j » en espérant qu’il « tombe bien », afin de ne pas perdre trop de temps au travail. Mais, je sais très bien que calculer, imaginer ne changera rien c’est la nature qui décide… et un peu les médecins.  J’ai appelé mon gygy hier, reprise du Clomid (je sens que je vais encore adorer cette période ;/ ) et rendez-vous pris pour la semaine prochaine pour une première échographie et une prise de sang.

Après le premier cycle qui n’a rien donné, je ne me suis pas sentie « abattue », loin de là. J’imaginais que j’aurais eu du mal à relativiser mais non. Après tout, maintenant qu’on y est, je sais plus ou moins à quoi m’attendre et ça a quelque chose de « rassurant ». Ca peut paraître étrange mais je suis presque « sereine »: je sais ce que je veux et quoi faire pour y parvenir et c’est tout ce qui importe pour l’instant. Si tout va bien, dans deux grosses semaines, je retournerai à Bruxelles pour tenter à nouveau une rencontre entre un ovule et sa petite graine… En attendant, la vie continue.

La rentrée est belle et bien concrète, les bouchons sur les routes, les transports et magasins encombrés, les cris des enfants pendant leur temps de midi dans la cour de récrée… Tout signe l’arrivée de l’automne, tout sauf le soleil, la chaleur parfois étouffante qui persiste pour le moment… Un bébé conçu en automne serait normalement un bébé qui viendrait au monde en été… Et pourquoi pas?  Réponse dans quelques semaines…

L’angoisse de séparation (la mienne, pas celle de ma fille)

Ce n’est pas pour cette fois…

Deux semaines après l’ia, il est temps de faire une prise de sang: le résultat: négatif.

Dommage mais je m’en doutais, les règles sont arrivées plus tôt que prévu et l’analyse biologique n’a fait que confirmer ce premier échec.

Ce sera donc une nouvelle tentative probablement en septembre, mais ce cycle-ci je laisse mon corps tranquille. Les hormones qui vont avec la pma laissent des traces moralement et physiquement. Un cycle pause et on verra la suite…

Il faut oser ou se résigner à tout…

bbC1, J11 : après une stimulation ovarienne par Clomid durant 5 jours, il est temps de vérifier le résultat; endomètre trop fin 6mm…

C1, J14 : seconde échographie et prise de sang chez mon gygy habituel; endomètre à 9 mm et un beau (gros) follicule de 29 mm, il est temps d’appeler la clinique de Bruxelles, pour voir ce qu’ils en pensent…

Résultat: C1, J15: après avoir promener ma boite de Pregnyl de la maison au travail puis chez des amis, je dois m’éclipser d’un repas à 20h précise pour faire cette injection qui déclenchera l’ovulation… Quel plaisir de « se piquer » soit-même :(. ouf, c’est vite fait,je retrouve mes amis.

 

C1, J16: c’est peut-être « le premier jour du reste de ma vie », la chanson de Daho fait un écho tout particulièrement ce matin pluvieux d’août.

« Un matin comme tous les autres
Un nouveau pari
Rechercher un peu de magie
Dans cette inertie morose

Clopin clopan sous la pluie
Jouer le rôle de sa vie
Puis un soir le rideau tombe
C’est pareil pour tout l’monde

Rester debout mais à quel prix
Sacrifier son instinct et ses envies
Les plus essentielles

Mais tout peut changer aujourd’hui
Est le premier jour du reste de ta vie
Plus confidentiel

Pourquoi vouloir toujours plus beau
Plus loin plus haut
Et vouloir décrocher la lune
Quand on a les étoiles

Quand les certitudes s’effondrent
En quelques secondes
Sache que du berceau à la tombe
C’est dur pour tout l’monde

Rester debout mais à quel prix
Sacrifier son instinct et ses envies
Les plus confidentielles

Mais tout peut changer aujourd’hui
Est le premier jour du reste de ta vie
C’est providentiel

Debout peu importe le prix
Suivre son instinct et ses envies
Les plus essentielles

Tu peux exploser aujourd’hui
Est le premier jour du reste de ta vie
Non accidentel

Oui tout peut changer aujourd’hui
Est le premier jour du reste de ta vie
Plus confidentiel »

7h30 départ pour Bruxelles où je retrouve une « copine de galère ».                                       10h30 elle arrive à me déstresser dans la salle d’attente du Chirec, 11 h arrive et le « moment » est arrivé, voici l’insémination. la gygy m’explique ce qu’elle fait, ce n’est pas le plus agréable que j’ai connu, mais c’est pour la bonne cause. Après signature des derniers papiers et remise des copies des autorisations co-signées par la gygy, je peux partir. Je ne ressens rien de particulier à ce moment précis, je pense qu’il faut quelques heures pour réfléchir, penser (impossible de faire autrement) et se rendre compte qu’un cap essentiel est passé: j’ai franchis le pas, j’ai osé, les dés sont jetés… Je quitte l’hôpital avec mon amie.

L’heure du repas approche, un petit snack italien nous fait de l’œil dans la capitale belge. On discute de la procédure, des craintes, de ce qu’on ressent, peu à peu je prends conscience de ce qui se passe en moi: un ovule attend d’être fécondé pour créer une nouvelle vie, un embryon, un bébé… Rien n’est joué, on connaîtra le résultat dans une quinzaine de jours.

L’après-midi s’écoule et nous faisons du shopping: à nous les magasins de puériculture et vêtements pour bébé en tout genre, on craque devant tellement de petites chose en se demandant si ce sera bientôt nous qui mettrons ces habits minuscules à notre enfant… On rêve, on espère, on attend… Il est l’heure de se quitter après une journée qui sera peut-être décisive: « Il faut oser ou se résigner à tout », cette petite citation me poursuit depuis longtemps, aujourd’hui… je sais pourquoi elle me parlait tant!

 

 

PMA: une réflexion de chaque instant

A l’aube de la trentaine, je me réveille avec une sensation de vide, comme si j’étais passée à coté de ma vie. La rupture d’avec O. a été difficile à accepter et à surmonter sur un plan moral. Je pensais avoir trouvé une personne avec qui « ça se passait bien », je me suis trompée. J’ai vécu comme une trahison sa décision de se faire opérer sans me demander mon avis, sans en discuter. Je pouvais comprendre son envie de ne plus avoir d’enfant, je pouvais le concevoir sans problème. Mais la manière dont les choses se sont présentées m’est restée au travers de la gorge. On n’avait pas parlé « d’avenir à long terme » mais on avait quelques projets, on ne s’était rien promis mais  le respect de l’autre personne passe par un dialogue franc, surtout quand il s’agit de prendre une décision qui a une influence sur le couple. En parler n’aurait rien changé sur le fond, au final on aurait pas eu d’enfant ensemble mais, annoncer cela à sa copine au resto lors d’un dîner en amoureux sans préavis a signé l’arrêt de mort de notre relation. J’ai bien essayé « d’accepter » la situation, je me suis sentie comme poignardée. j’étais amoureuse, lui pas, pas comme moi. j’avais laissé tombé mes barrières, je lui faisais totalement confiance et le retour du boomerang à été une vraie claque. Puis, un jour, je me suis réveillée avec une certitude, je ne voulais pas passer à coté de ma vie, me réveiller à 35 ans sans enfant, prise au piège dans une relation sans avenir. je suis partie…

L’envie d’être mère s’est renforcée au fil des années. Durant dix, peut-être douze ans de ma vie j’y ai pensé et j’étais certaine d’une chose: seule ou en couple d’aurais un enfant dans ma vie, à moi ou adopté. J’ai toujours été sure également que je voulais un enfant désiré (pas un enfant fait par « dépit » avec le premier venu ou avec quelqu’un pour qui je n’éprouvais pas de sentiments). C’est sure qu’être mère célibataire est difficile, mal vu même encore à notre époque. mais, quand je vois le nombre d’homme qui abandonnent leur copine quand elle est enceinte ou qui ne cherchent même pas à s’occuper de leur enfant, à le voir après une séparation; je me dit qu’il vaut mieux un seul parent aimant et certain de son choix, que deux qui se déchirent et dont l’enfant est prisonnier de la guerre de ses parents.

Voila, comment, un jour on se réveille, seule, avec cette envie dévorante d’avoir sa propre famille, de devenir mère, de donner tout l’amour qu’on a en soit. Alors, quand l’espoir de rencontrer « l’homme avec qui on pourrait faire sa vie » recule au fur et à mesure que le temps avance on commence à avoir peur. Avant que Dame Nature ne nous empêche de pouvoir réaliser ce projet tellement personnel, intime et gravé au fond de nous, il arrive qu’une femme célibataire pousse la porte d’un centre de procréation médicalement assistée et demande de l’aide à une équipe médicale pour devenir mère. Par insémination artificielle ou par FIV, avec la « petite graine » d’un donneur anonyme (c’est la règle en Belgique), ce « rêve » peut devenir réalité. Mais ce parcours est difficile, semé d’embuche, sinueux. Ce n’est pas anodin, ce projet doit être bien réfléchit. C’est pour cela qu’en Belgique, un rendez-vous avec un psychologue est obligatoire pour une femme seule qui veut avoir recours à une PMA. Ensuite, le psychologue rendra son avis à l’équipe médicale et le « cas » de cette femme célibataire sera ou non accepté. Si c’est « oui », vient le moment de l’entretient avec un gynécologue qui vous expliqueras les procédés existants et le déroulement de ceux-ci. mais avant tout il y a toute une batterie d’examens à passer, des tests sanguins, des échographies, une hystérosalpingographie (pas agréable à passer du tout) et d’autres tests selon la demande de l’hôpital en charge de votre dossier. Après cela seulement l’espoir de pouvoir faire des « essais » commence à pointer le bout de son nez. cela prend souvent plusieurs mois. Puis, viendront les essais… Et il faut être prête à accuser le coup d’échecs, le fausses couches etc… Il est important d’être sure de sa décision et aussi d’être entourée. j’ai la chance d’avoir deux ami(e)s qui me soutiennent dans mon projet, qui ont été présents pour la réflexion, les examens psy et gynéco et qui sont encore là aujourd’hui, fidèles au poste pour la suite de l’aventure…

Parce que dans mon cas, l’aventure a débuté ainsi…

Des semaines entières à parcourir la toile, à lire des témoignages de femmes dans la même situation que moi; seule mais avec cette envie dévorante de devenir mère,  de donner la vie,  d’avoir des enfants à aimer, à élever, à voir grandir et partager notre vie avec eux.

C’est par un matin d’hiver que je vais franchir le premier pas de ce parcours: prendre contact avec différents hôpitaux qui permettent aux femmes célibataire de d’entrer en cycle de pma pour tenter de devenir maman. Pour beaucoup d’hôpitaux, le fait même d’être célibataire est un frein, pour d’autres, les critères sont liés à l’âge (trop jeune avant 35 ans). Je commence par avoir rendez-vous à Erasme chez une psychologue, les deux heures que durent la rencontre passent vite et le verdict tombe: trop jeune… Quelques semaines plus tard, après avoir renvoyé un questionnaire avec mes antécédents amoureux, de santé et mes motivations, je reçois une première réponse positive de l’hôpital UZ de Bruxelles. La psychologue estime qu’elle peut me rencontrer, c’est  un premier pas de franchis. Malheureusement les contraintes horaires et le travail repoussent le délai déjà long qui me sépare de la date de ce rendez-vous convoité.  Le printemps arrive et après une X ième hésitation, je téléphone à la clinique Edith Cavell d’Uccle. Un rendez-vous est fixé en avril avec un Gynéco (Dr N.) et une psychologue.

Je me suis rendue, stressée au rendez-vous à Uccle et, surprise, j’y ai découvert une équipe sympathique, à l’écoute, qui ne vous juge pas qui vous soutient. Pour la  première fois j’ai eu la sensation d’être écoutée et entendue dans mon choix, le gynéco qui s’occupe de moi, le Dr N. me dira presque mot pour mot: « des enfants malheureux,  non désirés ou qui sont balader entre les disputes quotidiennes de leurs parents,  j’en ai vu. Croyez-moi un enfant désiré et élevé avec un seul parent aimant sera bien plus heureux et équilibré qu’un enfant qui a deux parents qui ne savent pas le laisser en dehors de leurs guerres d’adultes »… Tout est dit. Je sors de la clinique ce mardi d’avril avec une certitude: je suis capable d’élever un enfant et de le rendre heureux en étant célibataire

Malheureusement beaucoup de monde pense encore qu’il est « égoiste » de faire un enfant sans « père ». C’est peut-être vrai quelque part mais , je pense qu’un enfant abandonné par son père aura plus de mal à accepter cette situation qu’un enfant qui connais son histoire dès le départ et qui sait qu’il était désiré plus que tout. Si j’ai la chance de devenir maman, mon enfant connaîtra tout de son histoire, du pourquoi au comment il a été conçu et surtout il saura qu’il était désiré de tout mon cœur.

Ce qui me posera personnellement le plus problème dans cette histoire sera d’expliquer à l’enfant  qu’il n’aura probablement jamais de réponse à ses questions sur le plan « biologique », sur sa ressemblance avec le « père biologique ». Un travail avec l’aide d’une psychologue sera surement nécessaire afin de pouvoir vivre au mieux ces questions et leur apporter une réponse la plus adéquate possible en temps voulu…

Tous, les médecins, les psys,  les amis proches et moi la première,  nous savons tous qu’un père est important pour un enfant. Mais un « papa » n’est pas un géniteur,  c’est un homme qui aime réellement l’enfant.  Ça peut être un beau-père également. Et j’espère,  plus tard avoir la possibilité de rencontrer celui qui choisira d’aimer mon enfant un peu comme le siens…Fotor_146894748502888

 

 

Qui je suis…

Sysy en diminutif de Sylvie, 31 ans, célibataire, belge… Jusqu’ici rien d’atypique…

J’ai toujours voulu devenir maman; connaître la maternité, avoir une famille à moi, donner l’amour que je porte en moi, donner la vie…

Seule ombre au tableau: je n’ai pas rencontré l’homme avec qui je peux partager ce projet de vie. Des rencontres j’en ai faites, des histoires j’en ai connues, 2-3 de « sérieuses » enfin, j’espérais qu’elles le soient mais au final, ça ne l’a pas fait…

Après un premier amour qui s’est avéré une belle utopie dont on met quelques années à se remettre, j’ai vécu une relation « d’adultes » de plusieurs années. Une histoire de fiançailles où je me  suis donnée à fond pour finir par me rendre compte que l’autre, mon petit ami, était en fait un grand enfant qui recherche une « seconde maman », une maîtresse et une cuisinière…  Et moi… Je ne supporte pas ça!

J’ai besoin d’une relation égalitaire où l’Homme avec un grand « H » peut s’impliquer dans la relation autant que moi. Une relation de couple où l’on se soutient l’un l’autre, où chacun a son petit jardin secret (sinon qu’aurons-nous encore à nous raconter dans 10 ans?), où la confiance règne, où l’amour est présent et bien réel, où il y a du dialogue, où il y a le respect de la personnalité de chacun… où votre compagnon ne passe pas son temps à « mater » tout ce qui passe en rue et à collectionner les pages « favorites » des nanas qu’il trouve sur les réseaux sociaux ou du moins regarderait « discrètement »… Où… Une relation où je serais enfin moi-même, sans crise de jalousie au moindre sms reçu, sans entendre « je ne sais pas (le faire) », « il fait trop chaud (froid), je suis fatigué » et la phrase la pire que j’ai entendue « oui mais ça c’était avant, j’ai changé depuis… » mon oeil! Bref j’aurais aimé une relation où je ne devrais pas jouer la femme-l’homme, la psy et la défenderesse de l’autre 24h sur 24… Au bout de X années, j’ai rompu les fiançailles, j’ai eu la belle famille à dos et Monsieur l’ex n’a pas encore tourné la page… mais ça ce n’est plus mon problème.

J’ai pris du temps avant de me ré-engager dans quelque chose de « sérieux » puis, un jour, j’ai rencontré un Homme avec un grand H, indépendant, doux, respectueux, un papa, un adulte réel bien vivant… Et Cupidon a lancé ses flèches… Grand mal lui en a pris… cet homme bien sous tout rapport ne voulait pas la même chose que moi, Cupidon ne l’avait pas frappé assez fort… Mais ça il ne me l’a dit qu’après un an et demi et une vasectomie faite à la va-vite et sans m’avoir consulté avant… Clap de fin, larmes, colère, déception… Comment encore croire que cet homme existe, comment encore attendre 5-10 ans avant de le rencontrer… J’ai laissé tomber (en tout cas pour un moment).

Cependant, pendant toutes ces années (10-12 ans de ma vie), j’ai toujours su une chose: j’aurais un enfant, à moi ou adopté, en couple ou non. Cet enfant il serait désiré et élevé dans l’amour, pas dans les non-dits ni les disputes et les conceptions trop différentes de la vie en général et de l’éducation en particulier. Cet enfant j’en ai rêvé, je l’ai désiré et je le désire plus que tout… Dernier recours après mure réflexion et avec le soutien de ma soeur et de quelques amis: la PMA. L’insémination artificielle avec donneur anonyme (en Belgique c’est la règle). Le parcours psychologique et médical est long, tortueux, pas simple mais au bout je commence à voir une petite lumière, une étincelle: Un hôpital bruxellois, une équipe médicale, un gynécologue , une psy ont décidé de me faire confiance et de m’aider dans ce projet un peu fou: devenir maman mais sans papa… à la base. J’espère toujours rencontrer cet homme avec qui je pourrais être « moi-même » et qui accepterait ma petite famille (et moi la sienne , si il en a une) pour former une famille… Une famille  différente, mais une famille tout court… Et une maman avec son enfant , c’est déjà une petite famille!  Voici mon parcours.

 

 

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