En tant que maman solo « par choix », on entend souvent dire « qu’on l’a voulu, on l’a eu, il faut assumer ».

Seulement voilà solo ne veut pas dire « pas entourée ». L’importance d’un bon réseau est primordiale. Pédiatre, gardienne, nounou, famille, etc. sont autant de soutien important dans les moments plus dur où la fatigue se fait sentir et où parfois le moral fait défaut.

Parlons-en de la fatigue : durant 6 mois et donc déjà pendant ma grossesse j’ai été abonnée aux insomnies chroniques pour arriver à une moyenne de 3h de sommeil par nuit ou plutôt disséminées sur 24h… Avec l’arrivée de bébé, l’allaitement, les nuits hachées de ma fille n’ont rien arrangé. Au bout de 6 semaines avec bébé j’étais KO, les hormones aidant, le moral baissait.  Ce qu’on pensait être un babyblues s’est avéré être une dépression post partum. Sujet tabou dont on se sent doublement coupable. Coupable de ne pas se sentir épanouie en tant que maman. Coupable parce qu’on a choisi d’assumer seule cet enfant qui a besoin de nous, de notre attention, de tout notre amour et que, suite à cet état de dépression, à cette fatigue impossible à combattre, nous sommes loin des 100% pour pouvoir nous occuper parfaitement de notre enfant. Les pleurs, les doutes, la fatigue nous envahissent de jour en jour jusqu’au moment où le corps dit STOP. C’est une grippe qui m’a mis KO et m’a obligé à voir la réalité en face: j’allais très mal. J’ai du demander et accepter de l’aide de ma famille. Je devais prendre soin de moi pour réussir à prendre soin de ma fille.

Une hospitalisation pour me reposer à été nécessaire. Durant quelques semaines ma famille a pris le relais auprès de mon bébé et je leur en serait éternellement reconnaissante.

J’ai culpabilisé de manquer certains moments avec mon bébé, d’obliger ma famille à être h/24 avec un bébé c’est épuisant et ils ont mis leur vie entre parenthèses le temps de cette hospitalisation. A eux je leur dit MERCI.

Certains diront que la dépression c’est dans la tête et que seule la motivation de se relever suffit. Malheureusement il n’en est rien. Pendant 3 semaines presque j’ai culpabilisé de ne pas être avec ma fille, de me reposer sur d’autres personnes…. mais il est là le vrai sujet : j’avais besoin de repos, d’être un peu égoïste pour penser à me remettre sur pied et après être capable de reprendre mon rôle de maman à 100%.

Cette expérience n’est pas simple mais elle fait partie de mon histoire et de celle de mon bébé.  Cette parenthèse a renforcé les liens entre mon bébé et ses « tontons et tatys ». J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir compter ainsi sur mon entourage.  Je ne les remercierai jamais assez pour l’amour et le temps qu’ils ont consacrés à mon bébé.

Aujourd’hui grâce à ce repos,  à un traitement et à ma famille je vais mieux et j’ai repris le chemin du travail.

J ai fait quelques rencontres à l’hôpital, des personnes formidables avec qui je suis restée en contact.  De cet épisode « noir » au début en découle une nouvelle lumière avec deux choses importantes: on est maman mais pas que… c’est important de ne pas s’oublier et de prendre soin de soi mais également il est important d’oser demander de l’aide et de se construite un réseau.

Ma fille a commencé la crèche, est suivie par son pédiatre , elle va très bien et ne semble pas affectée par cette parenthèse dans la vie de sa maman et c’est le plus important.  Son bonheur passe aussi par celui de sa maman…

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